![]() |
Période moderne 1900 - 1950 On
désigne souvent par musique moderne la musique classique
composée pendant la première partie du XXe siècle,
le terme de musique contemporaine pouvant s'appliquer à la
deuxième moitié. Il serait faux de considérer que
la musique a rompu avec le passé ; elle n'a pas vraiment connu
de "cassure" aussi franche que les arts plastiques et la
littérature avec le Dadaïsme et l'apparition de
l'abstraction. En fait, la modernité est souvent une
période d'accélération de l'histoire de la
création et ce n'est ni un compositeur ni un mouvement
artistique particulier qui a allumé la mèche qui propulsa
cette effervescence intellectuelle du XXe siècle.
Parvenus aux confins de l’exploration harmonique et stylistique de la musique romantique, une partie importante des compositeurs de ce début du siècle a essayé de se défaire des systèmes de construction a priori, et de purifier l’écoute de la musique de ses éternels couplages entre tensions et détentes que la tonalité lui avait inculquées. On retrouve, par exemple, chez Ravel ou Debussy, la modalité que l'on avait abandonnée à l'apparition de la musique baroque. Mais ce sera surtout avec Arnold Schoenberg que, peu à peu, se délitèrent les consonances harmoniques auxquelles les auditeurs étaient habitués : en commençant par créer des superpositions de deux tonalités puis trois et ce jusqu'à arriver à un système d'atonalité totale (Pièce pour piano, op 11, 1909). Avec son Pierrot lunaire, Schoenberg s'affranchira du thématisme cher aux romantiques et inventera le sprechgesang, méthode de diction entre la parole et le chant. Il ira encore plus loin dans sa pensée, considérant qu'il n'y a aucune définition valable de la dissonance avec le dodécaphonisme sériel dont il partage la paternité avec Berg et Webern ; les compositions sérielles sont fondées sur des séries de 9 à 12 notes de la gamme chromatique et sur une horizontalité totale de l'écriture. À eux trois, ils fonderont ce qui deviendra la seconde école de Vienne, cherchant une "cassure" avec les usages de la précédente période musicale. D'autres compositeurs se sont immiscés dans cette aventure de l'atonalité : on citera par exemple la Symphonie n° 2 de Sergueï Prokofiev, dite « du fer et de l'acier », et Arthur Honegger qui proposait des procédés se démarquant de la seconde école de Vienne (cf. son opéra Antigone). |