Période romantique 1800 - 1900
1874 - Concerto n°1 - Piotr Ilitch Tchaïkovski

Grande pièce qui révèle encore du répertoire romantique, le premier concerto pour piano était initialement dédié à Nikolaï Rubinstein. Mais celui-ci, jugea la partition si mauvaise, qu'il déclara qu'elle donnait la nausée.
Voici, telle que la décrit Tchaïkovski dans une de ses lettres, la réaction de Rubinstein lorsqu'il écouta le concerto pour la première fois :

    « C’était la veille de Noël 1874. Je joue le premier mouvement. Pas un mot, pas une observation. À dire vrai, je ne sollicitais pas un verdict sur la valeur musicale de mon concerto, mais un avis sur sa technique pianistique. Or, le silence de Rubinstein était lourd de signification : “Comment voulez-vous, mon cher, semblait-il vouloir dire, que je fasse attention à des détails, alors que votre musique me répugne dans son ensemble ?” Je m’armai de patience et jouai la partition jusqu’au bout. Un silence. Je me lève. “Eh bien ?” demandai-je. Courtois et calme au début, Rubinstein devint bientôt une sorte de Jupiter tonnant. Mon concerto n’avait aucune valeur, était injouable ; deux ou trois pages, à la rigueur, pouvaient être sauvées ; quant au reste, il fallait le mettre au panier ou le refaire d’un bout à l’autre. “Je n’y changerai pas une note, répliquai-je, et le ferai graver comme il est.” C’est ce que je fis. »

Profondément choqué — on connaît la naturelle hyper-sensibilité de Tchaïkovski —, le compositeur changea la dédicace au profit de Hans von Bülow grâce à qui le concerto acquit rapidement l'immense réputation qui l'accompagne encore aujourd'hui. De son côté, Rubinstein fut forcé de reconnaître la valeur de la partition. Il en devint d'ailleurs l'un des meilleurs interprètes et ce concerto fut l'une de ses œuvres préférées.